Black Mirror : le Transhumanisme traité au travers d’une anticipation dystopique

Black Mirror :
Le Transhumanisme traité au travers d’une anticipation dystopique

Mon parcours universitaire, intégrant des cours sur les technologies du numérique, m’a conduit vers des réflexions sur le transhumanisme1, l’interactivité, la « cyberception », l’influence du numérique sur la société, toute sorte de sujets en lien avec mes visionnages personnels de fictions futuristes (séries et films). Quand j’ai commencé à écrire mon projet de mémoire, je venais de regarder la dernière saison de Black Mirror. J’ai aussi suivi West World et The 100 par exemple. Il y a des thématiques communes et récurrentes dans ces séries : l’anticipation d’un monde futuriste, technologique et déviant, intégrant pour certains la réalité virtuelle, l’intelligence artificielle … Ces notions sont propres au transhumanisme.

J’ai décidé de prendre appuie sur une série en particulier afin d’aiguiser mon analyse : Black Mirror, car c’est une production Netflix que j’ai jugé très riche au sujet du transhumanisme. De plus, Netflix s’est imposé comme nouvel acteur mondial dans le domaine cinématographique et des séries. Productrice et réalisatrice, la plateforme internationale de streaming propose une offre personnalisée à ses différents publics. Dans la lignée des GAFA2 et de l’ère numérique, elle s’impose en leader et a déjà influencé nos manières de consommer (ex : « binge watching » 3).

J’ai voulu m’intéresser plus précisément au rapport qu’entretient l’Homme avec les technologies, car le second point commun que partagent ces fictions est le comportement souvent violent et destructeur des personnages entre eux, une certaine déshumanisation, parfois due à l’oppression des « forts » sur les « faibles ».

Les thématiques abordées dans ces séries et en particulier dans Black Mirror, sont le reflet de questionnements et d’angoisses présentes à l’ère du numérique. Le numérique prend une place de plus en plus importante dans le monde, on parle aujourd’hui de révolution numérique aussi au sens de changement structurelle de la société et en considérant les caractères les plus déraisonnables de l’Homme (curiosités archaïques4) nous arrivons donc à construire des scénarios tels que ceux de Black Mirror. Toutes les technologies étant neutres par essence, c’est ce que nous en faisons qui les rend néfastes.

Dans de très nombreux épisodes de la série (six au total, du moins avant la sortie de la saison 5) nous retrouvons des technologies déjà existantes qui émergent dans notre monde. L’emploi de technologies qui nous sont proches joue là un rôle important dans la projection du public dans le récit de l’épisode. De plus, en se calquant sur ces inventions, la série montre au spectateur que nous avons déjà « un pied » dans l’univers de Black Mirror. Mais la série a pris pour parti d’intégrer ces technologies en les poussant à l’extrême, où en est dépeint un portrait terrifiant et déviant.

Nous prenons du plaisir à regarder quelque chose de dérangeant, comme nous aimons avoir peur devant un film d’horreur et pleurer devant un film dramatique. Selon le maître d’enseignement et de recherche clinicien Philippe Stephan : « Le désir de se faire peur, c’est d’abord la recherche de quelque chose qui vient confirmer votre existence. C’est une émotion intense, qui vous traverse et qui vous fait ressentir fortement le fait d’exister, précisément au moment où vous imaginez un danger qui vous menace. Face à la peur de la mort qu’on éprouve en tant qu’adulte, ou face à la peur de la séparation qu’on ressent en tant qu’enfant, le désir d’avoir peur instaure un jeu qui est paradoxalement essentiel pour intégrer un sentiment de sécurité. » Le choix de tourner ces technologies de manière dystopique présente donc un réel intérêt scénaristique. Mais, n’est-ce pas également dans le but de mettre en garde sur l’utilisation excessive des outils numériques et virtuels ?

Le créateur de Black Mirror, Charlie Brooker, a orienté la série vers l’anticipation dystopique afin de faire réfléchir le spectateur mais aussi de le sensibiliser à l’importance que prend la technologie dans notre quotidien. En effet, le transhumanisme est aussi captivant qu’effrayant, s’il est mal maîtrisé, il peut porter atteinte à nos libertés, être un danger pour la sécurité et la démocratie. Le philosophe Pacôme Thiellement met bien en évidence, sur son site, l’ambiguïté d’un tel courant de pensée : « Si le transhumanisme s’est d’abord donné comme un mouvement culturel prônant l’usage des biotechnologies pour ‘l’amélioration de la vie humaine’, cette tâche à la fois noble et absolument cohérente avec le serment d’Hippocrate masquait un nouvel enjeu de pouvoir qui, lui, est en complète contradiction avec cette amélioration : le rêve d’immortalité physique de l’élite économique et politique, impliquant évidemment la stérilisation et la mise en esclavage perpétuel des autres. »

1 « Posthumanisme » et « Transhumanisme » sont deux termes utilisés pour définir l’après humain. Le premier est le mot plutôt utilisé par les philosophes pour désigner l’après humanisme, le deuxième par les scientifiques lorsqu’ils parlent de l’Homme amélioré.

2 Google, Amazon, Facebook, Apple

3 Binge watching : pratique qui consiste à regarder la télévision ou tout autre écran pendant de plus longues périodes de temps que d’habitude, le plus souvent en visionnant à la suite les épisodes d’une même série. Dans une enquête menée par Netflix en décembre 2013, 73 % des personnes définissent cette frénésie par le fait de « regarder entre deux et six épisodes de la même émission de télévision en une seule séance ».

4 En psychanalyse, on parle de curiosités archaïques : voyeurisme, mégalomanie, sadisme. Par exemple, on les retrouve beaucoup dans la mythologie grecque.

5 L’eugénisme peut être désigné comme l’ensemble des méthodes et pratiques visant à améliorer le patrimoine génétique de l’espèce humaine. Il peut être le fruit d’une politique délibérément menée par un État. Il peut aussi être le résultat collectif d’une somme de décisions individuelles convergentes prises par les futurs parents.

Couvertures et livres originaux

Portails vers d’autres mondes, créant réflexion et développant le soi, les livres sont des entités presque magiques pour ceux qui les ont entre les mains.

Mais qu’est-ce qui vous interpelle à choisir ce livre ? Est-ce que quelques mots jetés sur une quatrième de couverture suffisent à vous convaincre ? Parfois des commentaires d’autres auteurs, de critiques ou les conseils de vos amis ?

Qu’en est-il de la sensation du livre, de son visuel ? Certains y attachent une importance. L’odeur d’un livre neuf fera toujours son effet, comme ouvrir la porte à un vieil ami. Mais la couverture a quelque chose de plus intriguant.

Chaque livre a son identité, et celle-ci, comme pour un humain, donnera sa première impression et la plus forte sur les 5 premières secondes et donc sur son visuel. Certains livres accrochent votre regard, un titre, un dessin, un design, couverture souple ou rigide, reliée cuir ou encore plus extravagante.

Nous décrivons toujours des livres par le contenu qui nous a séduit, par l’histoire, l’auteur et rarement autrement. Pourtant il arrive de choisir un livre totalement au hasard car la couverture nous a plu, ou de racheter une énième édition de notre livre favori car cette couverture lui donne un charme nouveau.

Je vais donc vous parler de quelques ouvrages qui ont su me séduire par leur visuel différent, par leur côté unique et attrayant.

Les deux premiers sont des héritages dénichés dans une boite à chaussure qui ont gagné leur place dans les étagères. Deux paroissiens, l’un en cuir et l’autre en ivoire. Reliés à l’ancienne avec de la dorure le long des pages. Constellés de feuillets imprimés plus de 50 ans auparavant ce sont presque des œuvres d’art !

Ensuite vient un pavé noir qui détonne. Necronomicon de H.P. Lovecraft, œuvre ésotérique du mythe de Chtulhu qui ne pouvait qu’être mise en valeur par cette couverture stylisée cuir, rigide et immuable. Une lecture qui donne des frissons et qui mérite d’avoir une couverture solide à mettre entre toutes les mains.

Dans la grande variété des livres qui ont une couverture attirante, il fallait faire un détour par la couverture filigranée rigide en simili cuir de Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. Et par le recueil de livres de Skyrim dont le contenu me restera sans doute inconnu. Beaucoup d’autres livres valent le détour, il arrive de livre la 4e de couverture uniquement car la première m’a plu, et inversement rejeter un livre car la couverture trop kitsch me parait refléter un livre qui n’aura pas beaucoup d’intérêt.

59 Rivoli, un squat artistique incroyable au cœur de Paris

59 Rivoli, un squat artistique incroyable
au cœur de Paris

Dans les grandes villes de France, des lieux anciennement à l’abandon sont investis par des collectifs artistiques pour créer des “squats artistiques” décalés et éphémères. Ces projets collaboratifs regroupent plusieurs artistes : plasticiens, graffeurs, musiciens, performers, photographes etc, les expositions s’enchaînent et disparaissent après un certain temps pour laisser place à  de nouvelles créations.

Ces lieux sont donc en perpétuelle évolution : d’une année sur l’autre, on peut les voir métamorphosés, des murs jusqu’au plafond. Ils offrent un nouvel accès à l’art et sont bien plus intimistes que les musées classiques.

Autogérés par des associations, les squats proposent l‘entrée gratuite et mettent en avant l’appel au don selon les moyens de chacun. Le mécénat et les partenaires sont aussi employés.

J’ai eu l’occasion de visiter le 59 Rivoli à Paris.

C’est un gigantesque bâtiment haussmannien laissé à l’abandon pendant huit ans par le Crédit Lyonnais et les pouvoirs publics. Il se trouve à deux pas de la place du Châtelet (en plein cœur de Paris) et a été investi sur 4 étages, pour créer des ateliers dans lesquels nous retrouvons les œuvres de plus de 30 artistes en résidence. Tous les samedis et dimanches, des concerts y sont également organisés. Autogéré par le collectif « Chez Robert, Électrons Libres », le 59 Rivoli accueille dès sa première année d’existence plus de 40 000 visiteurs. Il a cependant connu une période difficile avant son institutionnalisation (avec des menaces d’expulsion) mais après avoir été rendu légal, il a permis d’ouvrir la voie à la signature d’autres conventions d’occupation telles que celles de la Tour 111, la Petite Rockette, le Jardin d’Alice, la Gare XP, la Générale, le Théâtre de Verre et d’autres collectifs d’artistes-squatteurs. Vous pouvez trouver des lieux similaires à Marseille avec « Le Couvent » ou à Nice avec la « Zonmé ».