Les miroirs de Suzanne, Sophie Lemp

Je lis les livres de Sophie Lemp depuis le premier, “Le fil”, qui m’avait émue aux larmes. “Leur séparation”, son deuxième, m’avait bouleversée. Et j’ai eu la chance de recevoir son nouveau livre qui sort , “Les miroirs de Suzanne”, avec une dédicace adorable. Merci, ma chère Sophie, pour votre confiance !

Contrairement aux deux ouvrages précédents, autobiographiques, ce petit nouveau est un roman. Suzanne, la quarantaine tranquille, est mariée et maman de deux enfants. Elle a rangé son adolescence et ses tourments dans des cahiers bien cachés … jusqu’au jour où sa maison est cambriolée. Ses cahiers disparaissent et avec eux l’histoire de Suzanne avec Antoine, un écrivain plus âgé avec qui elle a vécu une passion. Les cahiers se retrouvent sur le chemin de Martin, un jeune livreur qui fuit sa vie. Et les mots de Suzanne vont le bouleverser, tandis que la perte des cahiers donnera à celle-ci l’élan nécessaire pour écrire, enfin, sur Antoine.

J’avais un peu d’appréhension en ouvrant ce roman : allais-je retrouver cette plume qui m’avait tant émue ? Cette sensibilité qui me parle tant ? Il n’ a fallu que quelques phrases pour me rassurer : j’allais adorer ! Je me suis plongée dans l’histoire avec bonheur, cornant des pages ici ou là, savourant l’écriture douce et si sensible de Sophie Lemp, et, surtout, en étant bouleversée par le personnage de Suzanne. C’est un magnifique portrait de femme, une femme au carrefour de sa vie, qui va se replonger dans son adolescence et ses premiers émois, dans une histoire d’amour secrète qu’elle a vécue avec un homme plus âgé. Sophie Lemp, à travers les extraits des cahiers de Suzanne que lit Martin, m’a replongée dans ma propre adolescence. Les interrogations de Suzanne, ses passions, ses musiques, ses amis, tout me parlait.

Ne jamais oublier ce que j’ai vécu de fort dans ma vie. Mes émotions, mes peurs, mes joies, mes tristesses. Etre sereine. J’ai quinze ans. En ce moment, j’attends. Mais un jour, tout s’épanouira.

Martin, dont la vie va changer grâce aux écrits de Suzanne, m’a touchée aussi. Les mots de la jeune fille vont résonner en lui, et il fera tout pour la retrouver. Il n’y a que le personnage de l’écrivain, Antoine, comme une ombre en arrière-plan, qui m’a laissée froide. Mais Suzanne, lumineuse, est magnifique. En se penchant sur cet ancien amour, elle risque de mettre en danger son présent, mais trouve l’écriture.

Dans les miroirs de Suzanne, une crainte toujours assombrissait la joie. La peur de se tromper, de souffrir, de ne pas savoir, de regretter. Ce soir, elle remarque l’absence de voile sur son visage. L’écriture a débusqué la peur.

Le vol des cahiers sera finalement le choc qui donnera à Suzanne l’impulsion d’écrire, de remettre de l’ordre dans cette histoire passée. Elle éprouve soudain une nécessité d’avancer, et d’écrire cette histoire pour pouvoir la regarder de loin. Sophie Lemp réussit un roman lumineux, sensible et un portrait de femme très juste, dans lequel beaucoup se reconnaîtront. On a toutes écrit sur un coin de journal nos quinze ans, nos peurs et nos espoirs. Que faire de tout cela, arrivée à la quarantaine ?

Un roman superbe, qui m’a touchée, une fois de plus, en plein coeur. Merci, chère Sophie, de m’avoir envoyé votre roman, encore une fois. J’espère qu’il trouvera son chemin jusqu’au coeur de vos futurs lecteurs, pour y allumer cette douce petite lumière, que procure votre écriture.

“Les miroirs de Suzanne”, Sophie Lemp, Allary éditions, 2019, 182 pages

Christelle

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Littérature contemporaine : « L’Arbre-Monde » de Richard Powers

L’Histoire : Après des années passées seule dans la forêt à étudier les arbres, la botaniste Pat Westerford en revient avec une découverte sur ce qui est peut-être le premier et le dernier mystère du monde : la communication entre les arbres. Autour de Pat s’entrelacent les destins de neuf personnes qui peu à peu vont converger vers la Californie, où un séquoia est menacé de destruction. Au fil d’un récit aux dimensions symphoniques, Richard Powers explore ici le drame écologique et notre égarement dans le monde virtuel. Son écriture généreuse nous rappelle que, hors la nature, notre culture n’est que  » ruine de l’âme « . 

Richard Powers communie avec la nature dans son roman « L’Arbre-monde« , hymne panthéiste aux facettes multiples et proprement miraculeuses. On est bluffé par l’ambition folle de ce roman somme qui dresse un tableau très percutant et lucide sur les dégâts provoqués par la surexploitation des domaines forestiers aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Nous suivons les destins de neuf personnes qui vont converger vers la Californie, où un séquoia est menacé de destruction. La catastrophe est imminente et Richard Powers est ainsi sans concession avec les multinationales qui engrangent des bénéfices sur l’instant, sans envisager une seule seconde, la question de l’avenir des grandes forêts qui rétrécissent à vue d’œil. Avec la disparition programmée des forêts, c’est tout un écosystème dont nous effleurons à peine toutes les potentialités formidables, qui se voit menacé d’extinction. L’heure est grave et l’auteur de sonner le tocsin en nous racontant le combat, la lutte acharnée de ces écologistes prêt à sacrifier leur vie pour mettre fin à cette destruction, qui met en péril l’avenir même de l’humanité. Avec fulgurance et dans un style admirable, flamboyant, Richard Powers tisse une histoire tentaculaire où chacun à sa façon, selon ses qualités, son parcours, ses failles, tente de tisser un lien avec la nature qui se distend. Le parallèle entre l’arbre de la forêt qui forme un monde tentaculaire où chaque être, même le plus infime à son rôle et sa place, et l’espace infini du web et l’hyper connectivité d’un monde de plus en plus virtuel, détaché de ces racines, celles de la nature exubérante, protéiforme et luxuriante, est très juste. Notre monde voit des bouleversements colossaux se dresser et des défis écologiques majeurs à affronter dans les prochaines décennies. L’auteur questionne ainsi notre rapport au monde et à son poumon qu’est l’arbre constituant les cathédrales de verdures. Cette symphonie, cette célébration de l’arbre en tant qu’entité vivante en voie de disparition, menacé par la pression croissante d’un monde devenu fou, est passionnante. On apprend beaucoup d’éléments sur ces écosystèmes. Érudit sans être redondant, « L’arbre-monde » est un drame en plusieurs actes d’une beauté stupéfiante, d’une richesse, d’une vérité qui suscite chez moi l’admiration. Peu d’écrivains sont de taille à concevoir et mener à bien un tel projet d’écriture. Richard Powers prouve, s’il en était besoin, qu’il fait partie des géants de la littérature américaine ! Une œuvre admirable pour ceux et celles qui souhaitent réfléchir aux conséquences désastreuses de cette marche en avant suicidaire d’un monde brûlant ces propres vaisseaux et sombrant avec eux. Le cataclysme peut bien advenir pour l’humanité, mais depuis les souches pourries, les vestiges des forêts d’autrefois, sous la terre, la vie déjà reprend ses droits. Car nous ne sommes que de passage.. Si vous voulez en apprendre davantage sur le drame écologique qui se joue actuellement, nul doute que la lecture du dernier Richard Powers vous sera salvatrice. Ce brûlot aux ambitions vertigineuses est, à mon sens, une œuvre incontournable et nécessaire. Un viatique écologique qui nous fait prendre la juste mesure de ce que nous risquons de perdre si nous ne prenons pas conscience du péril imminent qui nous guette. Richard Powers fait avancer la cause écologique. Il convient de souligner également qu’avec « l’Arbre-monde », Richard Powers s’est vu décerner en novembre 2018 le Grand Prix de littérature américaine, avant de se voir récompenser, dans la catégorie fiction, au mois d’avril par le prestigieux Prix Pulitzer 2019. Deux récompenses majeures qui soulignent, s’il en était besoin, combien Richard Powers est un immense auteur américain. Je ne peux que vous recommander chaudement « L’Arbre-Monde ».

Un petit mot pour vous dire que c’est mon premier article publié sur J’aimelelivre.com. J’espère qu’il vous plaira. Je tenais à remercier l’équipe du site J’aimelelivre.com et la firme OPS2 pour leur confiance.

Frédéric MALONDA.

Retrouvez cet article également sur mon Blog « La culture dans tous ses états« , voici le lien :

https://thedude524.com/2019/04/06/litterature-larbre-monde-de-richard-powers/

 Ma note: 5/5.

Broché: 550 pages

Éditeur : Cherche Midi (6 septembre 2018)

ISBN-10: 2749158273

ISBN-13: 978-2749158273

 

 

Pourquoi la guerre ? – Albert Einstein & Sigmund Freud

Pourquoi la guerre ?
– Correspondance entre Albert Einstein & Sigmund Freud

Nous nous sommes tous déjà interrogé sur la nature de l’Homme, ses tendances destructrices et colonialistes nous laissent parfois perplexe. La soif de pouvoir et la guerre nous semblent absurde, nous nous demandons souvent comment a-t-on pu en arriver là ?

En 1932, dans un contexte économique et politique tendu, la commission internationale de coopération intellectuelle de la Société des Nations (SDN) a fait appel à deux grands spécialistes dans leurs domaines respectifs afin de traiter ce sujet avec beaucoup de pertinence : Sigmund Freud, père fondateur de la psychanalyse et Albert Einstein, illustre physicien théoricien dont le QI serait estimé à 160 points. Le but étant d’engager un dialogue au service de la paix.

Les correspondances de Freud sont bien connues dans le milieu littéraire, la richesse de ses échanges avec d’autres personnages célèbres a donné lieu à plusieurs publications d’ouvrages.
Freud a entretenu de nombreuses relations épistolaires, notamment avec l’écrivain Stephan Zweig, mais aussi avec certains de ses confrères comme Carl Gustav Jung, Wilhelm Fliess ou Sándor Ferenczi.
À chaque lecture de correspondances, je ne peux m’empêcher d’être en admiration devant le phrasé exceptionnel que les Hommes érudits de l’époque pouvaient déployer dans leurs lettres.
Si de nombreuses personnes trouvent qu’il est très dur de lire les travaux de Freud, je trouve qu’il est parfois encore plus difficile de suivre le cheminement de pensée d’Einstein, il faut être bien accroché… Cette œuvre reste tout de même très compréhensible et accessible à tous (je l’ai lu quand j’avais 17 ans, ce n’était pas évident, mais ce n’était pas insurmontable non plus).

La confrontation du point de vue psychanalytique de Freud et de la vision plus scientifique d’Einstein est très intéressante. Ainsi, au fil de leurs lettres, les deux amis échangent et font progresser le débat, en associant leur savoirs, ils parviennent à soulever divers points essentiels pouvant constituer la cause de cette nature humaine dévastatrice.

Pour Freud, nos pulsions qui seraient à l’origine de cette forme de violence que représente la guerre. Les pulsions de conservation correspondent au désir de conserver et d’unir alors que les pulsions agressives nous poussent à détruire et à tuer. Pour Freud, les pulsions de conservation engagent une fonction sexuelle épanouissante. Les pulsions agressives ont en revanche une visée de décharges destructrices. Il ajoute : « La pulsion de mort devient pulsion de destruction en se tournant, au moyen d’organes spécifiques, vers l’extérieur, contre les objets. L’être vivant préserve pour ainsi dire sa propre vie en détruisant celle d’autrui. »

Einstein soulève d’importantes questions dont celle-ci : « Comment diriger le développement psychique de l’homme de manière à le rendre mieux armé contre les psychoses de haine et de destruction ? ». Suite à ça, il dénonce : « Voici quelle est à mon avis la première réponse qui s’impose : cette minorité des dirigeants de l’heure a dans la main tout d’abord l’école, la presse et presque toujours les organisations religieuses. C’est par ces moyens qu’elle domine et dirige les sentiments de la grande masse dont elle fait son instrument aveugle ».Il note également un point intéressant, selon lui, l’intelligence et l’érudition seraient aussi vecteurs de pulsions destructrices : « Et loin de moi la pensée de ne songer ici qu’aux êtres dit incultes. J’ai pu éprouver  moi-même que c’est bien plutôt la soi-disant « intelligence » qui se trouve être la proie la plus facile des funestes suggestions collectives, car elle n’a pas coutume de puiser aux sources de l’expérience vécue, et que c’est au contraire par le truchement du papier imprimé qu’elle se laisse le plus aisément et le plus complètement saisir. »

Par le passé, Freud a déjà démontré l’importance de la mythologie comme outil de métaphore pour certains états psychologiques (en particulier avec son travail sur l’Œdipe) lié à la complexité et à la richesse de ces fables antiques et des personnages qui en sont les acteurs. Une fois de plus, il aime comparer les pulsions aux caractères particuliers des dieux grecques, comme ici avec Eros, le dieu primordial de l’Amour et de la puissance créatrice : « Il ne s’agit pas de supprimer le penchant humain à l’agression; on peut s’efforcer de le canaliser, de telle sorte qu’il ne trouve son mode d’expression dans la guerre. (…) Si la propension à la guerre est un produit de la pulsion destructrice, il y a donc lieu de faire appel à l’adversaire de ce penchant, à l’Eros. Tout ce qui engendre parmi les hommes, des liens de sentiments doit réagir contre la guerre. »

Les deux savants concluent en supposant qu’une éducation collective et qu’une culture commune seraient propices au pacifisme entre les peuples :
« Tout ce qui travaille au développement de la culture travaille aussi contre la guerre. ».

Quelques années plus tard, la publication de cette correspondance
sera interdite par le régime nazi…

Le Pigeon – Patrick Süskind

Le Pigeon – Patrick Süskind

Jonathan Noël est un homme solitaire qui vit depuis trente ans dans la même chambre de bonne parisienne. Il a toujours vécu seul et approche de la retraite. Maniaque et terriblement angoissé, il fait partie de ceux qui aiment garder le contrôle sur tout, il tient à ce que sa vie soit programmée au millimètre près et n’accepte pas les facteurs aléatoires venant perturber son quotidien. Bien ancré dans ses habitudes et ses rituels, Jonathan vit chichement, il ne pratique aucune activité, si ce n’est son travail de vigile à la banque.

Sa vie est bouleversée le jour où il se retrouve nez à nez avec un pigeon, dans le couloir devant son appartement. Cette apparition, qui pourrait sembler anodine pour certains, se révèle être un vrai choc pour lui et va totalement ébranler son quotidien. Diverses pensées obsessionnelles vont lui traverser l’esprit et vont peu à peu anéantir toute la stabilité qu’il avait installée dans sa vie. La remise en question et la paranoïa vont faire sombrer cet homme dans la folie.

Nous suivons alors ce personnage dans son angoisse, décrite avec beaucoup de finesse et un souci du détail excellent. Patrick Süskind a déjà su prouver tout son talent au travers de son roman le plus célèbre : « Le parfum », où il excelle également dans ses descriptions détaillées, la retranscription parfaite des émotions, des atmosphères et des ressentis. – Au passage, « Le Parfum » a été adapté au cinéma, si vous n’avez ni lu le livre, ni vu le film, je vous recommande fortement les deux. L’histoire de Jean Baptiste Grenouille est passionnante, le contexte et le cadre dans lesquels l’action se déroule sont aussi très intéressants. Nous découvrons une autre facette de Grasse et du parfum.-

« Le Pigeon » est rapide à lire, le livre n’étant pas très épais. Cet ouvrage sorti en 1987, reste selon moi un grand moment de littérature. Nous nous retrouvons embarqués dans la démence de notre protagoniste, qui au premier abord pourrait sembler absurde et qui finalement, racontée comme elle est racontée, cette crise finit par prendre tout son sens et devient totalement crédible.
Ce chef d’œuvre d’écriture confirme une nouvelle fois le talent de Suskind dans ses récits aux aspects presque psychologiques par moment.

« Le Pigeon » Patrick Süskind – 1987

Top 10 : Romans graphiques

Top 10 : Romans graphiques

1. L’arabe du futurRiad Sattouf

En première place du classement comme en tête des ventes, nous retrouvons Riad Sattouf qui a le vent en poupe. Vendu à plus d’un million et demi d’exemplaires et traduit en 21 langues, « L’arabe du futur » est une suite de romans graphiques drôles et sincères. On y découvre l’enfance de l’auteur, grandissant entre la Syrie, la Lybie et la France. Sa vision si particulière du monde, son regard critique et son dessin toujours juste apporte à ce récit toute la profondeur dont une BD a besoin.

2. PersepolisMarjane Satrapi

Marjane Satrapi, grande prêtresse de la BD, aurait pu se retrouver en première place du classement. Dans cette bande dessinée autobiographique, l’auteure raconte sa jeunesse en Iran sous le régime du Chah, puis durant la révolution islamique et finalement, comment elle a dû quitter son pays. A la fois dramatique et humoristique, c’est une œuvre touchante qui a su marquer les esprits, notamment grâce à son adaptation en film animé. Si vous avez déjà lu (ou vu) « Persepolis », je vous recommande vivement « Poulet aux Prunes » et « Broderies » de la même auteure, qui sont également basés sur des histoires vraies.

3. MausArt Spiegelman

Maus est aussi tiré d’une histoire de vie, celle de l’auteur et de son père survivant d’Auschwitz. Ils entretiennent des rapports plutôt conflictuels et pourtant, Art se lance pour projet d’écrire sur le vécu de son père durant la Seconde Guerre mondiale. Dans cette BD, il décide de représenter les nazis sous forme de chats, les juifs en souris et les américains en chiens. L’anthropomorphisation des animaux est un procédé intéressant qui accentue les différences sociales entre les différents peuples.

4. Peter Pan Loisel

Une version adulte et noircit de l’histoire de Peter Pan, c’est ce qui vous attend dans cette suite de tomes. Je préfère vous prévenir, ça n’a rien à voir avec le dessin animé de Disney… Dans cette version revisitée de l’œuvre de J.M Barrie, Peter Pan doit faire face à des adultes odieux et vicieux, il échappe de peu au viol (ce n’est vraiment pas pour les enfants…). Les dessins sont très crus, parfois même violents et angoissants, ce qui rend cette histoire d’autant plus poignante.

5. L’incalMoebius

Moebius, si vous ne le connaissez pas encore, est un pionnier des univers de science-fiction. Ses BD fantastiques et futuristes commencent à paraître au début des années 60, lors de sa collaboration avec Alejandro Jodorowsky. L’univers crée par Moebius est totalement révolutionnaire pour son époque et très avant-gardiste. Grâce à son style unique et underground, son travail a influencé des générations entières d’artistes après lui. Il est notamment à l’origine du personnage d’Alien (le film). L’Incal est son œuvre la plus représentative et fidèle à son style graphique si particulier.

6. La vie secrète des jeunes Riad Sattouf

« La vie secrète des jeunes » était à l’origine publiée dans Charlie Hebdo de façon régulière, aujourd’hui, plusieurs tomes regroupent l’ensemble de ces planches. Ce sont des scènes de la vie quotidienne que Riad Sattouf a pris plaisir à retranscrire. Une fois de plus, rien n’est inventé, on peut lire au début de chaque épisode « vu et entendu à Paris dans le métro, ligne 4 » ou « vu et entendu à Paris dans un café » etc. Ces scènes sont souvent surprenantes, absurdes, scandaleuses, touchantes… Mais surtout, très drôles.

7. Les cahiers de Joann SfarJoann Sfar

Joann Sfar est un dessinateur français très connu, créateur du « Chat du rabbin » et réalisateur du film « Gainsbourg vie héroïque », il est aussi professeur aux Beaux-Arts de Paris. Il a su se faire une place au fil des années et sa production -comme sa notoriété- ne fait que grandir. Dans ses cahiers intitulés « Je t’aime ma chatte », « Si Dieu existe » ou encore « Sfar, c’est arabe ? », Joann partage ses pensées personnelles, ses troubles et ses doutes, ce qui peut surprendre à la première lecture, mais finit par nous emporter dans un recueil intime, très personnel.

8. Fables psychiatriquesDarryl Cunningham

Les « Fables psychiatriques » présentent les témoignages de personnels en hôpitaux psychiatriques, sur la prise en charge des patients, les différentes pathologies croisées et comment ces professionnels de la santé doivent quotidiennement gérer des situations délicates. C’est une BD très intéressante pour ceux qui se questionnent ou se passionnent pour la psychologie. « Fables psychiatriques » est une création anglaise, mais il existe une BD similaire créé par nos compatriotes français, qui s’intitule tout simplement « HP » et se trouve aux éditions de « L’association ».
Elle est tout aussi bien réalisée et retrace l’évolution d’un hôpital psychiatrique de 1968 jusqu’à aujourd’hui.

9. Olympes de Gouges José-Louis Bocquet

Ce roman graphique porte sur la vie d’Olympes de Gouges, femme de lettres française et pionnière du féminisme. Auteure de la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », elle a lutté toute sa vie en faveur des droits civils et politique des femmes, ainsi que pour l’abolition de l’esclavage. Cette œuvre nous donne une idée détaillée de la société dans la deuxième partie du XVIIIe siècle. C’est une histoire puissante et efficace nous plonge autour du destin tragique de cette femme en avance sur son époque.

10. Le guide du mauvais pèreGuy Delisle

Très rapide à lire, le « Guide du mauvais père » est un excellent cadeau car il peut plaire à un large public. Inspiré par ses propres déboires parentaux, Guy Delisle nous fait rire avec cette bande dessinée minimaliste et honnête. Nous assistons au quotidien d’un papa maladroit, égoïste, irresponsable et qui, en plus de ça, travaille à la maison, alors il se joue de ses enfants… Une oeuvre tendre et légère sur des « parents indignes » et des enfants plutôt perspicaces.