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Contes indiens du petit peuple du ciel de Michel Piquemal et Antonina Novarese

CONTES INDIENS DU PETIT PEUPLE DU CIEL
Editions Tertium – 40 pages

Conte jeunesse

Trois légendes des Indiens Cherokee, Lakota et Iroquois ont été réunies dans cet album. Dans les contes des Indiens d’Amérique, la Nature est très présente notamment les oiseaux. Ils les appellent avec tendresse le petit peuple du ciel. Ils nous enseignent avec humour la ruse, la patience, la solidarité… et ils apportent aux hommes l’un des plus beaux cadeaux, le chant des flûtes, qui permet aux jeunes gens de trouver l’amour.

MON AVIS :

Joliment illustré, ce recueil de légendes indiennes séduira les lecteurs curieux et avides de jolies histoires. Une plongée délicate et poétique dans les profondeurs des légendes indiennes, où l’omniprésence de la nature contribue à rappeler la petitesse des hommes. Les trois histoires de ce recueil rappellent toutes que l’homme doit composer avec les esprits de la nature et ne peut s’affranchir de ses précieux conseils. Une charmante lecture composée d’illustrations délicates qui ravira tous les amateurs de jolies histoires.

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Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa

LES DÉLICES DE TOKYO

Editions Le livre de poche – 222 pages
Littérature japonaise

Pour payer ses dettes, Sentarô vend des gâteaux. Il accepte d’embaucher Tokue experte dans la fabrication de an, galette à base de haricots rouges. Mais la rumeur selon laquelle la vieille femme aurait eu la lèpre étant jeune, met la boutique en péril. Sentarô devra agir pour sauver son commerce.

MON AVIS :

Avec beaucoup de pudeur, de dignité et de douceur, Durian Sukegawa nous invite à la rencontre de personnages délicats et profondément attachants. Avec une délicatesse toute japonaise, il découpe avec finesse les douloureux portraits de deux âmes en peine, prisonnières de leurs passés respectifs. Une écriture douce pour une narration précise et joliment imagée. On y retrouve toute la finesse de l’écriture japonaise, ses atouts, ses portraits, ses valeurs.
Une porte d’entrée vers le plaisir des sens autant et la joie des plaisirs simples pour un délicat et très plaisant moment de lecture.

Respirer le parfum du vent, tendre l’oreille au bruissement des arbres figurent parmi les choses qui nous sont accessibles au Tenshôen. Voilà déjà plus de soixante ans que je m’y exerce, que j’écoute les mots de ceux qui n’ont plus la parole. J’appelle cela être « à l’écoute ».
Quand je faisais cuire la pâte de haricots, vous me demandiez souvent ce que je fabriquais, n’est-ce pas ? Vous me demandiez si j’entendais quelque chose le visage tout prêt des haricots azuki. Je n’aurais pas su quoi vous dire si ce n’est que j’étais « à l’écoute », mais il me semblait qu’une telle réponse vous aurait perdu, alors j’ai préféré rester vague.

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Métamorphose en bord de ciel de Mathias Malzieu

Editions J’ai lu – 126 pages
Littérature française

Cloudman est sans conteste le plus mauvais cascadeur du monde. Ses performances de voltige involontairement comiques lui valent des jours heureux. Jusqu’à ce qu’un médecin le soignant pour une énième fracture décèle chez lui une maladie incurable.Commence alors pour Tom un long séjour hospitalier pour tenter de venir à bout de ce qu’il appelle « la Betterave ». Lors d’une de ses déambulations nocturnes dans les couloirs de l’hôpital, cet homme qui a toujours rêvé de dévorer les nuages rencontre une étrange créature, mi-femme mi-oiseau, qui lui propose le pacte suivant : « Je peux vous transformer en oiseau, ce qui vous sauverait, mais cela ne sera pas sans conséquences.

MON AVIS :

C’est un joli conte pour adulte que tisse avec espièglerie et poésie, Mathias Malzieu. Une rencontre en bord de ciel pour celui qui n’a cessé de brûler ses ailes et qui rêve de légèreté. Rattrapé par la maladie qui le cloue sur place, Cloudman rêve d’évasion et d’apesanteur. Tout est tendresse et délicatesse dans ce joli livre – la rencontre de Cloudman avec sa femme-oiseau, son désir enfantin de s’affranchir des barrières, l’image toute poétique du départ.
Un très bon moment de lecture, porté par une écriture douce et poétique. Un instant suspendu, loin du tumulte des phrases et des personnages difficiles, pour une rencontre délicate, murmurée et légère comme une plume.

Pourtant, une sensation de coton tendre sous les omoplates me submerge. D’abord, je me dis que j’ai dû oublier de retirer mes ailes, mais elles sont là qui pendent tranquillement sur leur cintre. Un duvet translucide commence à recouvrir ma peau ! Suis-je en train de me transformer en poussin, ou… en coussin ? Je passe le bout de mes doigts sur mes avant-bras, une vague d’euphorie m’envahit.

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Harold et Maude de Colin Higgins

Editions folio – 154 pages
Littérature américaine

Harold, jeune homme riche, a une imagination délirante. Ses passe-temps favoris : rouler en corbillard et mettre en scène de faux suicides. Maude, elle, aime les cimetières mais adore la vie. Elle pose nue pour un sculpteur qui travaille sur un bloc de glace, conduit sans permis, vole des voitures. Elle est pour Harold la femme idéale. Il y a un mais… Lui a dix-neuf ans, et elle soixante-dix-neuf !

MON AVIS :

Si vous connaissez le film de Colin Higgins, vous savez combien les personnages qu’il a créés sont drôles, atypiques et attachants. Une oeuvre singulière qui n’hésite pas à bousculer les codes de notre société – un jeune homme de 19 ans fasciné par la mort qui tombe amoureux d’une femme (beaucoup) plus âgée, touchante idéaliste au caractère vif et coloré – à laquelle s’ajoute une certaine critique de la bourgeoisie américaine de l’époque et des dérives de l’armée. Autant de sujets cruciaux pour une oeuvre piquante, vive et très drôle. Et c’est en effet tout l’univers du film que l’on retrouve dans le roman, écrit par le réalisateur après création de son long-métrage et c’est là qu’est sa principale faiblesse. En effet, si l’on retrouve avec bonheur les personnages principaux du film et son ton mordant, l’intérêt du support écrit ne vaut que pour les personnes qui ne connaissent pas le long métrage. Un intérêt vite émoussé alors qu’on espérait que la psychologie des personnages nous soit davantage dévoilée. Une oeuvre à découvrir indépendamment de son support premier.

-Psst !
Harold se retourna.
De l’autre côté de la tombe, Maude, vêtue d’un imperméable jaune avec capuchon assorti, agitait la main pour attirer son attention.
Gêné, il baissa les yeux sur le cercueil , feignant de ne l’avoir pas vue.
-PSSST !
Il leva les yeux.
Elle lui adressa un grand sourire et lui cligna de l’oeil.

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